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En passant

En révisant mes classiques pour préparer mon rendez-vous de mercredi en vue d’un poste de chef de projet e-learning, j’ai relevé la préface d’un ouvrage intitulé  » Gestion de projet: vers les méthodes agiles » de Véronique Messager Rota. Un ouvrage complet et très intéressant que je vous recommande chaudement.

Je trouve que ces quelques mots illustrent très bien ce métier complexe:

Rigueur, ouverture, disponibilité, intégrité, bon sens, organisation, anticipation,
écoute active, autodiscipline, capacités analytiques, diplomatie, leadership, transparence, proactivité, capacités relationnelles, professionnalisme… Voilà tout ce qu’on demande à un chef de projet aujourd’hui : de réunir l’ensemble de ces qualités… et la liste pourrait s’allonger. Un « mouton à cinq pattes », allez-vous dire. En effet, dans un environnement complexe, de surcroît, contraint par le time to market, il doit (faire) développer un produit au moindre coût dans des délais de plus en plus courts avec une qualité irréprochable.
Capitaine du navire, chef d’entreprise ou chef d’orchestre, clé de voûte de l’édifice que constitue son équipe, le métier de chef de projet est loin d’être simple et confortable !
D’autant que si tout va bien, il recueille rarement les félicitations du client ou de sa hiérarchie (« après tout, il n’a fait que son travail ! ») ; en revanche, si quelque chose tourne mal, il en sera responsable.

En référence à la métaphore de Jérôme Barrand, dans son ouvrage sur Le Manager agile, on pourrait comparer le chef de projet à « Tarzan » dont le talent est « avant tout d’être sensible aux signaux pertinents dans la jungle, univers d’ombre et de « bruit », univers de turbulence fait de menaces d’espèces concurrentes et d’opportunités végétales et animales ! Son talent a alors été d’inventer tous les jours des solutions innovantes pour survivre puis de trouver un équilibre et surtout de communiquer malgré tout avec tous les acteurs de son environnement […] ».
Débutant ou expérimenté, n’avez-vous jamais ressenti ce sentiment de solitude dans cette jungle qu’est l’entreprise, un univers dans lequel risques et menaces rendent le chemin plus ardu ? Ne vous êtes-vous jamais senti à cours d’imagination pour trouver des réponses et des solutions aux écueils rencontrés ? N’avez-vous jamais été envahi par l’incertitude liée à l’imprévisibilité des événements ? N’avez-vous jamais rencontré de difficultés à mobiliser tous les membres de votre équipe ? N’avez-vous jamais eu l’impression d’être abandonné par votre hiérarchie ? Pouvez-vous, enfin, affirmer avoir réussi tous les projets que vous avez menés ?
Être chef de projet est un métier passionnant mais difficile à exercer. Avant tout, parce que le chef de projet, lui-même, doit être multicompétent : c’est-à-dire maîtriser les techniques de gestion de projet, appréhender, chaque fois, les spécificités du projet et en plus être un bon leader d’équipe. Ensuite, il est souvent seul, pour faire face, notamment, à l’incertitude qui l’entoure. Alors, gérer un projet serait-ce une mission (im)possible ?

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Publié par le 28 octobre 2013 dans Tout venant

 

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En passant

« Nous avons tous des rêves, des idéaux. Mais ils sont difficiles à réaliser, parce qu’il y a l’éternel problème de l’argent, du métier, des enfants, de la maison…Tout cela empêche ( sauf quand l’idéal est dans l’argent,  le métier, les enfants, la maison, là tout va bien ).

Alors les gens finissent par se séparer de leur idéal parce qu’ils trouvent que c’est beaucoup trop difficile à réaliser. Moi, la seule différence, c’est que je prends mes rêves au sérieux. Je leur obéis. Résultat : pas d’argent, pas de métier, pas d’enfants, pas de maison…mais je rencontre mon idéal . Je ne dis pas c’est mieux ou c’est moins bien. Je dis : chaque vie est différente et la mienne est comme ça. »

c’est quoi la vie…

 
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Publié par le 13 juillet 2013 dans Tout venant

 

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Narration et architecture

 
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Publié par le 1 juillet 2013 dans Rendus

 

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Clé de la réussite d’un projet : orchestrer sa gouvernance locale !

Combien de collectivités se retrouvent-elles aujourd’hui face à un triste constat de dépenses publiques inadaptées dans le numérique pour leurs établissements scolaires ? Le gâchis d’argent public dans ce secteur existe, mais nul ne peut le quantifier précisément.

AmoticeArt7_220413par Marie-France Bodiguian, Cabinet AMO-TICE

Pourtant, nombre équipements numériques ont ainsi été acquis et restent dans les placards, faute d’inadéquation avec les infrastructures,  ou configuration des bâtiments, maintenance technique, ou encore de formation ou d’accompagnement pédagogiques auprès des enseignants.

Des compétences et des arbitrages politiques fragmentés

Comment une collectivité peut-elle donc, dés lors qu’elle choisit de se lancer dans un projet d’école numérique, éviter ces écueils ?

La future loi Peillon a relancé au sein des collectivités un débat déjà latent depuis la mise en place du B2i et des différents plans numériques des précédents ministères : Quels équipements et infrastructures choisir au sein des établissements, et pour quelle organisation générale opter ?

Avant d’effectuer ces choix, plusieurs questions se posent à la collectivité afin que les équipements informatiques et numériques puissent, entre autres :

  • être performants tout en respectant les contraintes budgétaires de la ville,
  • s’adapter aux configurations techniques des établissements sans solliciter sans cesse le service informatique, voire demander au directeur ou à l’enseignant de se transformer en informaticien.
  • offrir une large palette d’usages sans pour autant prétendre remplacer la pédagogie des enseignants,
  • diffuser internet avec une grande flexibilité sans compromettre la santé publique,
  • être mobiles sans risquer d’être dérober, etc.
  • être fréquemment utilisés par les enseignants grâce des accompagnements de l’Education Nationale.

Avec les salles informatiques, déployées massivement dans les années 2000, puis les recommandations de l’Education Nationale d’installer des ordinateurs en fonds de classe, ou encore les besoins aujourd’hui d’usages transversaux qui nécessitent l’acquisition d’outils mobiles, de nombreuses collectivités s’interrogent.

Faut-il renouveler ou dynamiser les salles informatiques classiques, aménager des ordinateurs en fond de classe, et/ou s’équiper de Classes Mobiles ? Faut-il opter pour des ultrabooks, ou des tablettes tactiles ? Et qu’en est-il de l’accès à internet….

Entre les facilités offertes par le Wifi, et le principe de précaution que revendiquent ici certains politiques, là les parents d’élèves, ou là des enseignants, les débats sur la santé publique et le numérique battent leurs plein au sein des collectivités.

Tous les projets d’écoles numériques réussis nous enseignent aujourd’hui, que seuls de solides partenariats tripartites, entre collectivités territoriales, Education Nationale et établissements scolaires, permettent d’aboutir à des usages efficients grâce à une réflexion commune en amont sur le projet pédagogique, les équipements, et infrastructures à mettre en regard, sans oublier la formation, le suivi et l’analyse régulière des usages.

Mais reste à savoir qui, au sein même des collectivités, est en mesure d’étudier les différents schémas,  préparer, gérer le projet et prendre les décisions : Les élus nouvelles technologies ou  service informatique, qui sauf exception, n’a pas mission pour jauger des besoins et objectifs d’usages des enseignants ? Les élus ou service éducation, qui généralement ne maîtrisent ni la technique, ni les problématiques de maintenance ?

Les responsables TICE locaux de l’Education Nationale, apportent leurs savoir faire en la matière mais n’ont bien sûr ni la main sur les arbitrages politiques budgétaires, ou de santé publiques locaux, ou sur la gestion globale du projet  en interne.

Sans compter que dans un contexte de continuité éducative cohérente (école, collège, lycée)  la gouvernance doit pouvoir s’orchestrer, selon les organismes territoriaux et l’ANDEV, par bassin d’éducation entre les collectivités et les instances locales de l’Education Nationale.

Des compétences donc fragmentées au sein même des collectivités, qui pour autant, dés lors qu’elles sont pilotées de manière cohérentes, ouvrent aux enseignants et aux collectivités  les champs des possibles.

Trouver la bonne alchimie entre les différents acteurs impliqués

En réalité, la réussite d’un projet d’Ecole numérique ne réside pas uniquement sur le choix des équipements et des infrastructures mais sur l’organisation d’un dispositif, qui permet d’échanger, de consulter les acteurs impliqués et de mettre à disposition du projet, les compétences de chacun.

Que ce soit au niveau de la région comme en PACA, Rhône Alpes, au niveau des départements du Val d’Oise, de l’Ariège ou de la Corrèze, ou au niveau des communes comme à Elancourt, Limoges, Angers, La Ciotat ou Saint Maur des Fossés, tous ont réuni au sein d’un comité de pilotage les différents acteurs impliqués, que sont :

  • les élus, préoccupés par le budget, la politique de santé publique/wifi, ou les délais de mise en œuvre.
  • l’Education Nationale (représentant du rectorat et de l’Inspection Académique), en charge des formations aux outils, des ressources numériques, des accompagnements pédagogiques.
  • les services de la ville (éducation et jeunesse, techniques et informatiques), en charge de la coordination logistique avec les établissements pour les uns, de la maintenance et du bon fonctionnement des infrastructures pour les autres
  • les responsables du périscolaire qui pourront assurer une continuité éducative des usages du numérique par la mutualisation des outils dans les espaces d’accueil périscolaire.

D’expérience, seule la volonté politique permet d’initier et d’orchestrer les prérogatives de chacun et de trouver avec persévérance un chemin consensuel.

Mais, organiser son comité de pilotage mensuel reste insuffisant si en amont et au fil du projet les enseignants, directeurs d’établissements et parents d’élèves – voire les élèves eux mêmes –  ne sont pas consultés sur la base du volontariat, et impliqués dans le processus d’étude et de décision.

Les enseignants, intéressés par des solutions leur permettant d’être soutenus dans leur pédagogie différenciée, les représentants de parents d’élèves, préoccupés par le soutien scolaire, les rythmes scolaires, la politique éducative et de santé publique de la ville, apportent tous des éléments constructifs au projet au côté des représentants du COPIL.

C’est ce que la ville de Saint Maur des Fossés dans le Val de Marne a formalisé au sein d’un dispositif appelé OPPIDUM, par la création des COCA : Comité Oppidum de Consultation Active

« La composition du COCA est le reflet du regard croisé des différents acteurs concernés et permet aux concitoyens de collaborer  au choix des investissements de la ville »,

précise Pascale Luciani-Boyer, maire adjointe de Saint Maur et en charge des questions Education et Numérique pour l’Association de Maires de France, qui a initié ce programme pour la ville.

Au-delà des appels à projets, que les villes effectuent couramment, consulter régulièrement les acteurs finaux, c’est faire émerger leurs objectifs d’usages en présence des représentants de l’Education Nationale et de la Ville, et s’assurer ainsi de l’implication et de l’engagement de chacun, dans un suivi et une évaluation de la pertinence des choix et des équipements installés.

Mais les différentes contraintes techniques et budgétaires de chaque commune, les configurations de chaque école en matière de réseaux, d’accès à internet de grandeurs de bâtiments, ou de classes, les motivations aléatoires des enseignants d’un établissement à l’autre ne permettent pas aux communes d’appliquer à la lettre, une architecture TICE standard.

Aucune solution standard n’existe, tous doivent  adopter une approche méthodique circonstanciée, une analyse et une recherche de solutions qui tiennent compte des expertises de chacun, dans une gouvernance bien orchestrée.

 

http://www.ludovia.com/2013/04/cle-de-la-reussite-dun-projet-orchestrer-sa-gouvernance-locale/

 
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Publié par le 30 juin 2013 dans Vu sur le web

 

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Gestion des contenus: les meilleurs solutions open source

Voici un livre blanc que j’ai téléchargé au sujet des CRM open source que l’on peut utiliser dans le cadre de la création d’une plateforme d’enseignement en ligne. Je pense que les comparatifs qu’il contient peuvent s’avérer très utile.

Bonne lecture!

Gestion de contenus-lesmeilleures solutions open source

 

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Des MOOCs et des musées

Des MOOCs et des musées

Créé le lundi 8 avril 2013  |  Mise à jour le mercredi 10 avril 2013

Des MOOCs et des musées

Dans l’écosystème actuel de l’information et de l’éducation, transformé par les nouvelles technologies, les savoirs peuvent s’acquérir ailleurs que dans les lieux physiques des institutions d’enseignement ou des institutions muséales. Les apprentissages peuvent notamment se réaliser grâce à des communautés, des groupes d’apprentissage en ligne constitués  autour d’un thème, d’une discipline, d’un artiste, d’une période historique, qui transcendent parfois les frontières institutionnelles.

Le phénomène des MOOCs (Massive Online Open Course), qui prend de l’ampleur dans le monde de l’enseignement,  intéresse les équipes de médiation muséale comme un moyen de préparer ou de prolonger la visite, de faire avancer les connaissances sur un sujet, de fidéliser son public, de l’élargir, de donner un accès aux collections et aux savoirs aux individus qui ne peuvent pas se rendre au musée, etc.

Pourquoi des MOOCs dans les musées ?

Robert Connolly, blogueur et directeur du musée C.H. Nash de l’Université de Memphis écrit, dans un article intitulé What MOOCs can teach us about community outreach, publié en juillet 2012, que les MOOCs constituent l’un des nombreux moyens de rendre l’information disponible à toute personne qui a un accès Internet. Plutôt que de mettre l’emphase sur ce que les technologies n’offrent pas (NDLR  : par exemple l’expérience du contact direct avec le véritable objet de collection), l’auteur souhaiterait qu’on considère l’utilisation de ces applications pour tout ce qu’elles ont à offrir comme possibilités de développement et d’enrichissement pour les publics des musées.

Dans un article intitulé MOOCs and Museums publié sur le blogue edgital, Erin Branham, éducatrice de musée, réfléchit sur les possibilités que les MOOCs ont à offrir aux musées. Elle mentionne que les désavantages des MOOCs pour les institutions d’enseignement (non créditées, difficiles à évaluer, ayant un fort taux d’abandon) ne le sont pas pour les musées parce que ceux-ci offrent déjà des formations non créditées et non évaluées, tandis que les avantages des MOOCs (élargir l’accès à une offre éducative de qualité) y sont tout aussi pertinents. Enseigner à des publics éloignés grâce aux outils numériques, donner accès à des ressources riches pour un public, cela va tout à fait dans le sens des missions éducatives des musées.

L’auteure termine en posant cette question : si un musée peut donner une formation en ligne qui encourage la discussion, la formation de communautés d’étude et la création par les participants, qu’il peut fournir cette formation à 20 000 personnes à la fois, pourquoi ne le ferait-il pas ?

Amorcer la réflexion sur une éducation muséale ouverte

Dans Museums and Open Education, Beth Harris et Steven Zucker écrivent, dans cet article paru à l’automne 2012 sur le blog SmartHistory de la Khan Academy, que la réflexion sur l’éducation à la chaîne engendrée par l’apport des nouvelles technologies dans le monde de l’enseignement devrait également mener à une réflexion sur les meilleurs moyens de servir la mission éducative des musées. Pour les auteurs, la discussion sur les nouveaux modèles éducatifs, et tout particulièrement sur les ressources éducatives ouvertes,  doit aussi avoir lieu dans les institutions muséales. Inspirés par trois articles sur l’éducation ouverte par Nina Simon, Gretchen Jennings et Erin Branham, les auteurs suggèrent des pistes à suivre par les équipes d’éducateurs et autres personnels de musées, afin d’amorcer cette réflexion sur l’éducation ouverte au sein des institutions. Leur première suggestion est de se familiariser avec les questions de droits d’auteurs, sur les différentes licences Creative Commons, pour savoir comment on peut utiliser, partager et rendre accessibles les contenus sur les collections de manière ouverte.

Les auteurs suggèrent également de se familiariser avec les communautés spécialisées consacrées aux ressources éducatives libres (REL), la création de cours et de manuels en accès libre et de lire la Déclaration de Paris sur les REL 2012 de l’UNESCO. Harris et Zucker rappellent que les musées offrent déjà des ressources éducatives libres, notamment sur leurs sites web, mais le fossé qui les sépare du monde de l’enseignement  fait en sorte que ces ressources éducatives sont encore mal reconnues, mentionnent les auteurs, en partie parce que les REL créées par les musées sont directement liées à leur programmation in situ. Les collections sont numérisées avec les métadonnées et disponibles en ligne tandis que certains musées décident de donner un accès libre et gratuit aux images numérisées en haute résolution de leurs collections. Pour les auteurs, il s’agit maintenant d’approfondir ce contenu muséal offert en ligne, d’y ajouter des ressources destinées tant aux spécialistes qu’aux néophytes.

Harris et Zucker conseillent d’expérimenter avec les nouveaux outils de travail collaboratifs comme Google Drive ou VoiceThread; ils suggèrent de se familiariser avec les organisations éducatives qui offrent des MOOCs, avec les plateformes  en ligne ou les réseaux sociaux consacrés à l’apprentissage,  de s’inscrire à un MOOC et de passer du temps sur TedEd, par exemple, cette plateforme où on peut monter des leçons collaboratives à partir de vidéos disponibles sur Youtube.

La plus intéressante suggestion des auteurs est sans doute celle de considérer les possibilités éducatives des MOOCs  au-delà des murs physiques de l’institution muséale, au-delà de ses propres collections et de son espace physique. Il est maintenant facile de faire des rapprochements en ligne  entre les collections des différentes institutions, comme le fait notamment le Google Art Project, pour faire des liens entre les oeuvres, les styles, les époques. Les possibilités sont immenses grâce à ces liens à créer par les conservateurs, ces experts qui font la force des musées. L’article suggère enfin que les experts en contenu des musées puissent avoir la possibilité de devenir des créateurs de contenus virtuels, que leurs productions, accessibles en ligne, soient réalisées à l’aide d’outils d’enregistrement et de montage peu dispendieux et faciles d’utilisation. Moins  léchées que des productions professionnelles, ces réalisations maison rejoindront mieux le public, selon Harris et Zucker, parce qu’elle seront de véritables conversations face à une oeuvre ou un artefact : real, imperfect, and authentic.

Des outils et des plateformes

Le doctorant blogueur David Greenfield  travaille sur le thème des nouveaux médias, des musées, de l’éducation et de la formation académique depuis une vingtaine d’années.  Dans une série d’articles consacrés aux MOOCs , il s’interroge sur la place que peuvent avoir ces Massive Online Open Course  dans l’univers muséal.

C’est ainsi que, dans son premier article, Greenfield suggère d’utiliser des outils gratuits et disponibles , pour la création des MOOCs, car les plateformes de gestion de l’apprentissage (LMS) deviennent trop vite désuètes. Cet auteur invite à concevoir les formations  en y intégrant les possibilités du web 2.0 (et les outils sémantiques du web 3.0) pour bâtir les cours et non pas à transférer l’enseignement traditionnel pour en faire une formation en ligne.

Il suggère lui aussi de mettre au point des cours où participent plusieurs institutions (écoles, musées, bibliothèques), afin que chacune joue un rôle différent (organiser, enseigner, évaluer) dans le support à donner aux participants qui ont à s’organiser en communautés et en réseaux d’apprentissage. Greenfield rappelle que le musée est un espace où se créent de petites communautés temporaires où l’on partage des informations, des observations, des questions, autour d’une visite guidée, par exemple. Mieux que ne le ferait une exposition virtuelle, le MOOC  pourrait faire le lien entre les activités muséales en ligne et les groupes créés in situ ; avec sa vie propre, en-dehors des contraintes de l’espace physique du musée,  le MOOC peut devenir le lieu virtuel où des échanges, des explorations peuvent avoir lieu  dans un groupe de personnes intéressées à un même sujet.

Tout comme les précédents auteurs, Greenfield met en évidence les possibilités qu’offrirait un MOOC muséal de faire des liens virtuels entre les oeuvres ou les artefacts de plusieurs institutions muséales dans le monde, chose souvent impossible dans les vraies salles, compte tenu des coûts de transport, d’assurance, etc. Dans le cadre d’un MOOC, les conservateurs fourniraient des informations, mais surtout, précise Greenfield, ces spécialistes poseraient des questions pour stimuler des discussions en ligne entre les groupes de participants, chacun d’entre eux contribuant aux savoirs sur le sujet.

Le MOOC ne remplace pas l’expérience muséale unique de voir les objets réels sur place ; c’est une expérience différente mais tout aussi  valable, notamment pour les personnes qui ne peuvent visiter les collections in situ. Pour Greenfield, le MOOC serait l’environnement virtuel où les experts et toute personne intéressée échangent leurs savoirs et leur expérience sur les objets de collection.

D’une manière plus concrète, Greenfield suggère, surtout pour les institutions muséales dont les moyens financiers sont limités, d’utiliser les plateformes gratuites pour organiser les MOOCs. Greenfield cite notamment Google+ où il est possible de créer des communautés de participants et d’effectuer du travail collaboratif, ainsi que les médias sociaux et les sites de partage comme Pinterest, Twitter, Facebook ou Flickr, en combinant les différentes applications pour créer un MOOC à peu de frais.

 

LIENS

Museums and Open Education : http://smarthistory.khanacademy.org/blog/946/museums-and-open-education/

Série d’articles sur les MOOCs sur View from a Blog : http://davidgreenfield.net/blog/

What MOOCs can teach us about community outreach : http://rcnnolly.wordpress.com/2012/07/16/what-moocs-can-teach-us-about-community-outreach/

MOOCs and Museums : http://www.edgital.org/2013/03/03/moocs-and-museums/

Illustration : Amy Johansson, via Shutterstock

 
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Publié par le 24 mai 2013 dans Vu sur le web

 

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MOOC: les business models émergents

Comme nous l’avons vu dans le dernier billet, le business model des MOOC est loin d’être viable, tant pour les plates-formes que pour les établissements à l’origine des cours. L’essentiel des revenus des plates-formes provient de la certification, et les quelques miettes laissées par Coursera aux établissements ne suffisent pas à payer les dizaines de milliers de dollars nécessaire au financement des équipes pédagogiques et des divers prestataires de service. Pour devenir viables, les plates-formes devront élargir leur base d’utilisateurs, et mettre en place de nouveaux modèles économiques. Quelques business models émergents.

Rendre l’accès aux bases de données des étudiants payant constitue l’une des pistes privilégiées par Coursera et par Udacity pour monétiser leur activité. Des centaines d’entreprises comme Facebook ou Google se disent intéressées. La plate-forme servirait de base de recherche aux recruteurs, en adoptant un modèle proche de celui de LinkedIn. Leur intérêt réside dans le fait qu’elles ne donnent pas accès seulement aux certificats obtenus et aux notes correspondantes. Elles peuvent également fournir un certain nombre d’autres informations comme les productions réalisées pour obtenir le certificat – elles joueraient alors le rôle de e-portfolio – ou bien le comportement sur les forums. Nous faisons ici référence aux badges liés aux interactions: il est possible d’en obtenir en aidant les autres participants, en répondant à des posts par exemple. Les entreprises pourraient rechercher des profils très particuliers sur la bases des certificats, des productions rendues et des badges, avec un niveau de détail bien supérieur à ce que l’on peut mettre dans un CV.

Ce modèle économique dépend avant tout de la valeur de ces données, tant en termes d’authenticité (il faut être certain qu’il n’y a pas eu de triche pour obtenir le certificat), qu’en terme de reflet de la valeur de l’apprenant. S’il est trop facile d’obtenir le certificat – pour certains MOOC, il est possible de réussir l’examen sans avoir suivi le cours – alors il n’a pas beaucoup d’intérêt pour un recruteur potentiel. Personellement, je crois à ce modèle à long terme, mais il implique d’augmenter la qualité pédagogique des cours. Les MOOC de Coursera servent davantage de vitrine aux établissements que de méthode d’évaluation des compétences des internautes. edX est davantage exigeante en termes de qualité, et a peut-être plus de légitimité à se baser sur ce modèle économique.  Tant que la recherche de visibilité de la part des établissements partenaires primera sur l’exigence de qualité, je pense que les bases de données des plates-formes auront une valeur limitée.

Rendre l’accès au cours payant est sans doute le modèle économique qui paraît le plus simple. Il est probable que ce modèle apparaisse à moyen terme, bien que les fondateurs de Coursera Andrew Ng et Daphne Koller défendent la gratuité des cours. Coursera ou Udacity rejoindraient alors les plates-formes comme Udemy ou Edufire, en devenant des « marchés du savoir ». La question est de savoir ce que l’on rend payant. On peut imaginer que seules les interactions et les évaluations soient payantes et que les ressources restent  gratuites. Ces dernières serviraient alors de produit d’appel pour le cours. Il est également possible de ne faire payer qu’au bout d’un certain temps, une semaine par exemple. La question de la propriété intellectuelle est ici fondamentale. Quand un cours est posté sur Coursera, l’entreprise devient propriétaire du contenu au même titre que l’enseignant qui l’a créée. Elle peut donc en faire ce que bon lui semble, la traduire, l’adapter et la revendre si cela lui chante. Les établissements partenaires sont bel et bien en train de construire pour Coursera l’une des plus grandes librairies numériques jamais créées dans l’enseignement supérieur. Il faut nuancer l’importance de cette affirmation par le fait que les établissements partenaires peuvent également utiliser leurs ressources comme ils l’entendent, en les rendant gratuites et disponibles sur le net, ce qui limiterait l’intérêt de leur mise en vente par Coursera.

La vente de licences d’utilisation des ressources est un modèle qui paraît plus probable et qui semble se confirmer. Il ne faut pas oublier que les cours sont gratuits uniquement dans le cadre d’une utilisation personnelle; il est interdit de les utiliser au sein d’une institution pour donner des crédits par exemple. Les plates-formes edX ou Coursera feraient payer les établissements qui souhaiteraient utiliser ses ressources les parcours pédagogiques de leurs étudiants. Dès l’automne 2012, un contrat a été signé entre Coursera et l’Université d’Antioch pour l’utilisation de cours de l’Université de Duke ou de Pennsylvanie. Concernant edX, la lettre ouverte de certains enseignants de la San Jose State University concernant cette pratique a soulevé les passions. Nous n’entrerons pas ici dans le débat sur la pertinence de cette pratique: rationalisation de l’offre ou perte de la diversité des enseignements et menace de chômage pour les enseignants? et renverrons à ce billet pour davantage de détails. Compte tenu des restrictions budgétaires croissantes au sein des établissements d’enseignement supérieur, il est très probable que ce modèle économique ait de beaux jours devant lui.

La mise en place de services Premium comme le tutorat est un modèle que l’on va probablement voir apparaître à court terme. La naissance du service de tutorat Coursepods en lien avec les cours d’Udacity semble révélatrice de cette dynamique. La plate-forme prendrait une commission sur les sommes versées au tuteur par le participant. On comprend aisément que le tutorat soit une nécessité compte tenu du besoin d’encadrement, mais il y a plusieurs obstacles avant que ce modèle ne se répande. Tout d’abord: où trouver ces tuteurs, puis: comment prouver qu’ils sont compétents? On peut imaginer qu’il soit nécessaire d’avoir obtenu le certificat avec un score élevé au cours d’une session précédente pour devenir tuteur, et qu’il soit nécessaire de suivre une formation pour valider la capacité à évaluer des productions écrites. La question est complexe et il n’existe encore aucun système de tutorat à grande échelle autant que je sache. Affaire à suivre…

Vendre la licence d’utilisation de la plate-forme à des établissements ou des entreprises pour évaluer des étudiants ou des employés prospectifs ou pour la formation des employés. Dans cette configuration, le code de la plate-forme serait utilisé sous un autre nom que Coursera ou edX. Cela permettrait aux établissements d’enseignement de faire passer des concours pour sélectionner des étudiants doués, ou à une entreprise de faire une économie d’échelle et d’homogénéiser la formation de ses employés. Si edX tient ses promesses, son code sera disponible et utilisable à cet effet dès juin 2013, ce qui limitera la capacité de Coursera à vendre sa plate-forme, vu qu’il y aura une alternative gratuite ou presque. Indépendamment du modèle économique, je suis persuadé que ce modèle aura un grand succès et que les MOOC d’entreprises vont se multiplier. En revanche, nous serons probablement davantage dans un modèle MOC que MOOC. Le O de Open risque de disparaître, le cours n’étant accessible qu’aux employés ou aux étudiants prospectifs. Je doute que ce modèle n’apparaisse avant 2014.

Enfin, le sponsoring des cours demeure l’une des dernières pistes envisagées. Nous avons discuté dans le billet Qui doit financer les MOOC? des problèmes que peut poser la mise en place d’un tel système. La principale question qui se pose est: à qui les sponsors doivent-ils verser de l’argent? Directement à l’établissement à l’origine du cours, qui reverserait alors un pourcentage à la plate-forme, ou directement à la plate-forme? La question est complexe et pose le problème de la légitimité de Coursera, pour ne citer qu’elle, à contrôler l’ensemble des flux d’argent associés à un cours. Les établissements ont déjà du mal à trouver les fonds pour financer l’organisation de leurs MOOC et ne gagnent presque rien en postant leurs cours sur Coursera, pourquoi devraient-ils partager les sommes versées par d’éventuels sponsors? A l’inverse, si Coursera trouve un sponsor qui n’est pas au goût de l’établissement à l’origine du cours, dans quelle mesure est-elle en droit de l’imposer? Il est inscrit dans le contrat que les établissements ont un droit de regard sur l’utilisation de leurs cours, et peuvent éventuellement mettre leur veto si cela s’avère justifié. Reste à savoir ce que Coursera considère comme justifié.

Toutes les pistes que nous avons discutées sont évoquées dans le contrat entre Coursera et l’Université de Michigan, et dans l’article correspondant du Chronicle of Higher Education. Dans le cadre de ce billet, nous nous sommes surtout penchés sur les modèles économiques des plates-formes, et n’avons que peu évoqué les autres acteurs en jeu. Quelles autres pistes de business model peut-on imaginer? Est-ce que Coursera ou edX auront le monopole de l’économie de l’écosystème MOOC, ou de nouveaux acteurs vont-il émerger? Va t-on voir apparaître des entreprises spécialisées dans les MOOC?

La suite dans le prochain billet, MOOC: qui va faire du business?

 
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Publié par le 22 mai 2013 dans Vu sur le web

 

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