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Projet, vous avez dit projet?

Un nouveau projet vient de m’effleurer l’esprit lorsque j’ai ouvert un œil ce matin. Comme quoi il y a du bon à faire la grasse matinée parfois. Ou pas…

Le point de départ: Cela fait plusieurs jours que je réflexionne sur l’entrainement graphique que m’impose le concours. En effet, quitte à devoir produire, autant profiter pour tenter de commercialiser à nouveau ces productions. Logique non? Surtout si cela pouvait me dédouaner de mon travail alimentaire pour la Fnac et me permettre le beurre dans les épinards dont l’éternelle étudiante que je suis manque si cruellement.

Poursuivons. Le problème majeur de toute activité artistique est la médiatisation. Tous les artistes le savent: Pour vendre il faut être connu ( à défaut d’être reconnu). Pour être connu il faut exposer. Pour exposer il faut médiatiser. Mais il est compliqué d’être médiatisé sans être exposé. Ce maudit chien se mord encore la queue… Trouver des galeries d’exposition, de celles qui ont une chance de vendre vos œuvres par leur fichier est complexe. Ou alors elles coutent cher. Eh oui, il est temps de sortir du conte de fée. Les artistes payent pour exposer: le lieux, les frais de dossier, les assurances… Il n’y a que dans la fiction que les artistes sont pris en charge par des galeries bienveillantes ou des mécènes! Et quand vous trouvez cette galerie prête à avancer ces mêmes frais, s’occuper de la promotion avec les médias, prendre en charge le vernissage, c’est l’assurance d’y laisser entre 65 et 80% du produit des ventes à leur bénéfice. Bénéfice basé sur les œuvres produites par l’artiste, je le rappelle. Ça calme sur le mythe de la vie d’artiste bohème, non?

Ensuite, durant le CAFEL, j’avais été interpellée par les principes de réalité augmentée. Je m’étais beaucoup intéressé au sujet, persuadée que cela ouvrait considérablement le champ des possibles en éducation, mais pas seulement. Pouvoir transmettre de l’information pertinente en temps réel, c’est quand même une opportunité incroyable, non?

J’avais déjà contacté une association pour médiatiser mon travail. Rien d’artistique. Une association qui se bat au quotidien pour sauver des animaux de l’abandon et de l’euthanasie. Une parmi de nombreuses qui se bat bénévolement pour trouver des adoptants à ces êtres dont la lâcheté humaine et la bêtise mettent les jours en dangers. Des bénévoles qui font un boulot incroyable malgré les difficultés. Des utopistes qui persistent à penser que quelque chose est possible malgré les gifles qu’ils prennent chaque jours. La force de ces gens force mon respect. Je les ai donc contacté afin de leur proposer de réaliser une œuvre, certainement l’une de ces adorables petites bêtes passée sous l’encre de mon bic, et de la vendre aux enchères sur Facebook ou ils sont très présents. Ils semblent emballés par le projet et cela me permettra de me faire connaitre en tant qu’artiste bien sur, mais aussi en tant qu’engagée. Ce n’est jamais négligeable dans l’identité artistique. Ces derniers mots peuvent paraitre particulièrement cyniques, j’en ai conscience. Mais c’est pourtant une réalité. L’affect doit passer au second ordre pour qu’un projet fonctionne. Dans ce cas de figure tout le monde y gagne.

Enfin, je commençais à regarder les galeries, locales ou non, à reprendre contact avec celles avec qui j’avais déjà travaillé… Sans grande conviction car si cette forme de commercialisation avait fonctionné assez pour que je puisse ne vivre, je ne tiendrais certainement pas ce blog aujourd’hui. E tl’idée du temps perdu en contacts divers, en négociation de contrats ne me motive guère. L’idéal, encore et toujours, serait de pouvoir rendre ses oeuvres accessibles au plus grand nombre, décloisonner l’art, le rendre omniprésent au quotidien afin qu’il finisse par en faire parti intégrante, par s’y fondre et devienne une normalité. Un idéal artistique, un rêve, une utopie de plus? Peut-être pas. Car plutôt que d’enfermer les œuvres entre les quatre murs d’une galerie ou seuls les initiés et les privilégiés seront en possibilité de les apprécier (ou non) il y a une possibilité de les mettre à la vue de tous, d’en faire profiter tout le monde, de les rendre accessibles. Cette possibilité vient de la réalité augmentée justement. Un simple QR Code, un simple pictogramme et voici les œuvres à porté, mises en valeur dans un contexte choisi et bien réel. Mises en exergue par la proximité. Une superbe publicité pour moi que de voir mes œuvres tant dans les lieux publiques qu’au détour d’une ruelle ou à la terrasse d’un café. Un atout culturel pour les municipalités concernées qui peuvent se charger de relayer l’information et de la médiatiser. Pas de frais ou si peu. Pas de grosse difficulté technique. Pas de temps perdu en démarches inutiles. Et une notoriété certaine, ou en tout cas accrue. N’est-ce pas l’idéal? Et pour les acheteur me direz-vous? Eh bien le but du jeu est que si une œuvre vous plait, si vous voulez pouvoir continuer de la contempler, il vous faudra l’acquérir avant qu’un autre ne le fasse et décide de la garder dans son salon et ainsi de la soustraire à votre vue. (L’acquéreur peut toute fois décider de la laisser en place dans son lieu d’exposition public).

Voila, tant de blabla un dimanche matin pour ça. Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire et surtout, je serais ravie de recueillir vos commentaires et impressions. Alors surtout n’hésitez pas!

 

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Publié par le 20 octobre 2013 dans Tout venant

 

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Un plantage annoncé: impossible de travailler la lumière et les détails en finesse sur papier à grain et petit format. Le papier à grain est donc à réserver aux grands formats ou au très gros plans

petasse3

 
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Publié par le 16 octobre 2013 dans Préparation CAPES, Tests graphiques

 

L’Image

Elle est au cœur des arts plastiques. Il y a quelques années, le rôle central était détenu par le corps et le concept. Il faut réfléchir à cette évolution: numérique, photos, graphismes actuels.

On ne peux pas définir l’image uniquement par un cadre physique, elle intègre l’histoire de l’art depuis l’origine. La connaissance de certaines caractéristiques est indispensable à la production sans laquelle elle n’aurait aujourd’hui aucun sens.

Cette question, la plus vaste de l’histoire de l’art, trouve son origine dans le culte des morts, ou son apparition est celle du défunt, de son esprit. Dans les civilisations animistes, elle précède l’image divine, véhiculée par les passeurs qui la conduisent vers l’au-delà. C’est l’eîdolon grec que l’on peut traduire par fantasme, fantaisie, imagination, intention et chez les latins par figure, forme, fantôme, effigie, simulacre. Les chrétiens ont récupéré cette sémantique de l’image comme présence générale de Dieu.

L’image de quelque chose, c’est sa représentation, pas seulement dans le domaine artistique: une image mentale ou littéraire permet de faire percevoir les contours virtuels d’un objet. Un image de quelque chose peut adopter une forme tridimensionnelle. Néanmoins ces déclinaisons intègrent des dimensions qui excluent toute représentation qui ne soit pas sur les deux dimensions d’un support.

Les premiers phénomènes imagés se repèrent dès l’age pariétal, traces directes par transposition, placage ou pochoir: les premières œuvres d’art sont des images. Leur forme a évoluée au grès des inventions techniques et évolutions sociétales. Ces aspects sont souvent étroitement lies. L’image a donc longtemps été associée a ce qu’elle véhicule de sacre, voire de tabou, autorisant la représentation de l’intouchable quand la religion inventait des objets servant de véhicule à l’ido latrie (reliques). L’image était « icône ».

L’iconographie frappe toujours certaines croyances, certaines religions, interdisant la reproduction d’une idée sacrée. Cette particularité vient de la confusion entre elle et ce qu’elle représente (image = mimesis), qui dépend de son caractère descriptif. Le malentendu apparait souvent dans les médias ou on la représente souvent comme le réel, sans imposer de distance critique, ce qui confine au mensonge. Donc si l’image représente le sacré, elle peut devenir sacrée par concomitance, d’où l’iconographie et l’iconoclasme. D’où la symbolique attachée à l’art comme vanité. Ceci nous renvoi à l’apparence fictive (fiction), comparative, conceptuelle, vraisemblable, representative, véridique de l’image.

Dès le 17ème, les artistes du Nord (flamands) ont produit des images triviales. Natures mortes, décors bourgeois, vues urbaines, scènes de genre. Ils ont ouvert l’image à la représentation de la réalité. Le pro trait s’attache alors à d’autres marques que celles du rang social et de l’évocation bibliques, traduisant l’apparition du statut glorifié de l’individu.

trompe l'oeil painting

trompe l’oeil painting (Photo credit: Wikipedia)

Précurseurs du 19ème, les caravagesques ont transformé le statut de l’image. La nature morte et le trompe l’œil ont succombé au délice de l’illusion et au plaisir de la duplicité. L’image se détache difficilement du réel et l’homme aime ça. Il faut attendre le 21ème pour que l’image cesse de amarrer au rel. Kandinsky théorise un art désireux de représente l’intériorité, suivi de près par le surréalisme. L’image devient abstraite, intime, elle se rapproche de l’image mentale. Cette nouveauté se pare d’atours de la rupture alors que les artistes romans s’étayent déjà attaches à produire des enluminures non figuratives (Livre de Kells, entrelacs, …)

Les images mentales sont des représentations qui définissent l’imaginaire. Outre la vue, elles peuvent toucher tous les sens mais se résument souvent a l’aspect visuel. C’est une construction virtuelle qui traduit psychiquement nos perceptions. Les images perçues par notre œil sont transformées en image mentales, apparentées au symbole. L’image mentale permet de palier au déficit d’image physique, de combler un manque. Elle traduit une nécessité. Les peintures abstraites sont des images, idée inimaginable au 19ème. La réflexion sur le statut des objets artistiques contrait à réfléchir à ce qu’ils sont aujourd’hui.

Le contour de la notion d’image s’est élargi sous l’effet de nouveaux médiums, la photo et surtout le cinéma. Depuis 1839, l’image n’est plus nécessairement artistique. Mais l’inverse est vrai: dans le déluge d’images, l’artiste est marginal.

Aujourd’hui, toutes sortes d’images cohabitent: sacrées, triviales, banales, multiples, uniques, etc. Devant ce débordement, le professeur doit opérer un choix et guider les élèves vers la maitrise de la distance critique nécessaire a la liberté d’un futur citoyen. l’élève doit savoir discerner les images qui documentent, celles qui vendent, celles qui manipulent, celles qui appartiennent a la sphère privée et celles qui relèvent du champ artistique. La dernière catégorie semble délicate à définir mais il est nécessaire pour un enseignant de savoir le faire.

Pourtant les images que l’on va produire pour l’épreuve doivent permettre au jury de nous sentir capable de cette nuance et pouvoir la partager.

Elle magazine 2011

Elle magazine 2011 (Photo credit: _caas)

L’image reste attachée aux arts visuels. C’est par la vue qu’on appréhende une image. On peut dégager deux catégories de support: les images produites dans un but commercial et les autres. Mais cela ne suffit pas à repérer celles produites dans un but artistique car la gratuité d’un geste créatif n’est pas suffisant. Certains produisent des images dans un but commercial et sont pourtant considérés comme des artistes. Mais l’objectif d’une image s’exclut du champ artistique si elle est imaginées a des fins commerciales uniquement. Ces caractéristiques marketing sont éloignés des idéaux arts plastiques.

En imprimerie l’image se distingue du texte. Elle peut être illustration ou figure. Le texte peut parfois être considéré comme image. Dans un livre l’image peut être soit support du texte ou l’inverse. Elle a rarement vocation artistique, plutôt support didactique ou pédagogique. Dans les livres d’artistes, son statut est différent: le livre entier peut faire image, l’ensemble ne peut être dissocié.

 

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L’Artistique (le champ artistique attendu par le jury et le système educatif)

Dans le champ éducatif, peu de disciplines renvoient à l’artistique: au collège, seule l’éducation musicale et les arts plastiques. Mais d’autres aussi: les lettres, l’éducation physique lors de danses. Ce qui est fondamental c’est que la pratique expérimentale de l’élève est le moteur. Plusieurs constats: la production attendue de la classe n’est pas un objet uniforme, le travail fourni n’est pas culturel, il doit faire famille avec ce que l’on range  dans « l’art » aujourd’hui.Si on transpose cela dans ce que l’on attend de l’enseignant: une production de l’ordre de la pratique et non de la théorie.

Le contexte est claire: si toute pratique permet la communication, elle n’est pas pour autant intégrée aux arts plastiques. L’artistique peut se lier à la poésie, la sensibilité, la subjectivité d’une émotion, donc indéfinissable. Il faut comprendre ce qu’attend le jury du concours car nous sommes sensés parler le même langage plastique. Nos références doivent être implicitement traduites, lisibles sans être plagiées, citées sans occulter la personnalité. Il faut trouver l’accord entre la pratique et la théorie. Mais la discipline arts plastiques se fonde  sur la pratique et non la théorie et la problématique récente de l’histoire des arts ne change rien à cette philosophie.

C’est la production de la forme qui définit le champ référentiel et non une approche culturelle même si elle en est partie intégrante.

Ce qui est attendu c’est le travail d’un adulte, d’un être pensant autonome capable de révéler dans sa production du sens intelligible. Ainsi la forme devra être:

-maitrise des outils de production

-ne pas produire de forme qui n’ait aucun sen

-communiquer avec le jury dans un langage artistique commun

Le troisième point nécessite de situer la pratique dans un champ professionnel.. En bref, on doit démontrer des qualité de maitrise technique et méthodologique, c’est la base.

Comprendre les enjeux de certaines questions: utilisation du dessin dans l’enseignement, notion de projet, place de l’image, question de la référence, verbalisation, etc. Elles sont fondamentales. Ainsi si la question de l’image affleure dans les programmes c’est que la photo est une branche majeure de l’art contemporain. C’est aussi parce que les élèves vivent au quotidien avec des milliers d’images et qu’il est invraisemblable que le système éducatif ne leur fasse pas prendre en compte les enjeux stratégiques de cette nouveauté. Un enseignant d’arts plastiques ne peut pas faire l’économie d’une réflexion sur ce sujet. Et cela doit se voir dans sa pratique.

Les futurs enseignants ne sont pas supposés être des artistes mais des acteurs conscients des évolutions de la société. L’accent porté sur les images dans les programmes est une réaction contre sa quasi-absence des programmes précédents qui préféraient l’installation et autres genres.

 

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Petite boutade du dimanche soir ;)

Définition du e-learning

 
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Publié par le 13 octobre 2013 dans Tout venant

 
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Wake up! Stylo bille sur papier

wake up

 
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Publié par le 12 octobre 2013 dans Tests graphiques

 

Mémento proportions: Albrecht Dürer

self-portrait in a Fur-Collared Robe

self-portrait in a Fur-Collared Robe (Photo credit: Wikipedia)

Dürer naît en 1471 à Nuremberg où il se forme comme peintre et graveur. Il voyage ensuite dans toute l’Allemagne mais aussi à Venise. En 1497, il se rend à Bologne où il s’initie à la perspective ; il retourne en Italie durant deux années, de 1505 à 1507 et c’est à cette occasion qu’il prend connaissance du travail de Pacioli et se forme à la science mathématique. Dès lors, en plus de la peinture, il se consacre à cette étude. Il est nommé peintre à la cour de l’empereur germanique Maximilien Ier en 1512 puis en 1520 à celle de Charles Quint. En 1525, Dürer publie, à Nuremberg, le premier livre de mathématiques en allemand : « Instructions pour la mesure à la règle et au compas de figures planes et solides », connu sous le nom de « De la mesure ». L’artiste et mathématicien y livre sa philosophie de la beauté qui réside dans l’harmonie des proportions. « De la mesure » décrit la construction d’un grand nombre de courbes, comme la conchoïde, la spirale d’Archimède et la spirale basée sur le nombre d’or (nommée spirale de Dürer). Le livre offre des méthodes exactes plus la plupart pour construire des polygones réguliers ; il considère les pyramides, les cylindres et autres corps solides et étudie les cinq solides platoniciens, comme les solides semi-réguliers d’Archimède.
Dürer théorise également la question des ombres portées, étudie la science des cadrans solaires (gnomonique) et la construction des sections coniques, comme la parabole. Son livre s’apparente à une introduction à la théorie de la perspective ; il réalise, par ailleurs, plusieurs gravures dans lesquelles il montre les appareils qui permettront de retranscrire en dessins la réalité.

Melencolia I. Print of Albrecht Dürer

Melencolia I. Print of Albrecht Dürer (Photo credit: Wikipedia)

Dans Melencolia I, le peintre représente plusieurs objets en perspective, en particulier ce qui semble être un rhomboèdre, vers la gauche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Melencolia I (detail: magic square); 2nd row b...

Melencolia I (detail: magic square); 2nd row begins with « 5 », 3rd row with « 9 »; in the last row you can see the year 1514 (Photo credit: Wikipedia)

A droite, apparaît un carré magique, un carré composé de nombres tels que la somme des lignes, colonnes et diagonales est constante. Les nombres qui se trouvent dans les deux cases centrales de la ligne inférieure donnent la date de l’oeuvre : 1514.
Outre De la mesure, Dürer écrivit également Les quatre Livres des proportions du corps humain.

 

 

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