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I. Le design d’objet. De l’ambiguité des objets utilitaires comme objets esthétiques.

21 Oct

1. Intro au design d’objet

A. L’art des arts appliqués.

Le design est un terme générique qui regroupe plusieurs démarches et diverses typologies d’objets. Dans la terminologie d’arts appliqués comme dans celle d’art impliqué, le terme « art » est suivi d’un qualificatif. Il n’y a pas de majuscule: il ne s’agit pas de confondre « Œuvres d’art » et « art de faire les objets ».

B. La diffusion des productions.

Les arts appliqués désignent une gymnastique entre les contraintes de l’industrie et les intentions esthétiques.

Le design, sous-entendu industriel, est le lieu ou la création, le projet, se définit dans un cadre contraignant.: les modes de production,, le savoir-faire, le réseau, le prix de vente, le matériau, l’image de marque, la stratégie marketing.

En arts appliqués, la primauté est donnée à la valeur plastique, esthétique ou conceptuelle. On imagine un objet dans une perspective intellectualisée en lui supposant une place dans le patrimoine artistique et culturel. Le prix est choisi en fonction de la valeur de l’objet ou de la cote de l’artiste.

L’enseignant doit pouvoir distinguer les démarches par des repères objectifs: quelle complexité technique pour l’objet? Quel est son prix de revient? Son prix de vente? A quelle echelle est-il diffusé? Il faut régulièrement changer la nature des études lors des séquences pédagogiques pour multiplier les constats.

C. Convergences entre arts appliqués et arts plastiques.

Des objets utilitaires dans l’œuvre d’art

Après avoir été un modèle pour l’art, l’objet d’usage a constitué une matière première concrète. Les artistes modernes ont remplacé l’apparence de l’objet par des objets réels.

Il faut distinguer les usages qui sont faits des apparences des objets( l’habituel, la fonction symbolique), des usages des objets (fonction d’usage, fonction sociale). Il faut aussi apprécier les démarches pouvant justifier les processus de création (quelle est l’ambition de l’artiste? Quel est l’enjeu de la production?)
Ces differents moments de l’analyse peuvent constituer des axes d’étude et de recherche pour une classe.

Passer d’un domaine à l’autre ou mixer les deux?

Le design n’est pas de l’art et l’art ne peut être design. On distingue le créateur et le créatif. Le créateur (artiste) a bien des contraintes (budget, commanditaire, un lieu d’expo, un délai) mais ses intentions lui appartiennent ainsi que le sens de sa production. Le créatif réagit à un programme ou un cahier des charges qui oriente sa production.

L’intérêt réside dans ce que, en arts appliqués, il y a bien un utilisateur potentiel, l’objet est mis à l’épreuve d’un usage, une pratique, une expérience, mais cet objet est en même temps porteur d’une émotion, d’un concept, qui se revendiquent comme finalités de l’objet et qui apparaissent de préférence à travers son utilité ou à travers son utilisation plutôt que sa contemplation.

D. Au delà des catégories: l’expérience esthétique.

On a éludé la question du beau préférant le jugement esthétique formulé par Kant. Faisons un détour vers le Beau en évinçant le jugement au profit de l’expérience. A considérer les deux, on s’aperçoit qu’entre les deux se loge la notion d’agréable et le sentiment de satisfaction.

Si on substitue au jugement esthétique celui d’une émotion esthétique et qu’on admet qu’elle se produise dans l’usage et cela quel que soit le type d’objet:
Si je ressens une forte emotion esthetique en contemplant une Austin Martin, cette experience doit-elle etre consideree comme inferieure à celle que je ressens devant une peinture de Pontormo? Dois-je reconsidérer mon impression à cause de critères culturels? Non, on ne peut pas faire de hiérarchie. Il faut interroger ses propres sentiments esthétiques et non reformuler des juger empruntés.

L’expérience de l’objet constitue un critère d’appréciation esthétique. Donc l’esthétique est expérience. La notion d’expérience esthétique est synonyme de satisfaction qui est une qualité inhérente au sentiment esthétique.

Cette notion d’expérience n’est pas élitiste, elle n’induit pas de culture artistique mais plutôt une attention aux choses et aux sentiment qu’elles provoquent. Contre toute attente la notion de plaisir n’est pas dénigrée alors même que le domaine de l’esthétique est communément assimilé à une approche intellectuelle destinée à comprendre les œuvres et les niveaux de perception. Cette reconnaissance de la valeur du plaisir dans l’expérience esthétique conteste la plupart des théories mais peut-on imaginer qu’un chef-d’œuvre n’apporte aucun plaisir? Le plaisir n’est il pas une dimension incontournable de l’admirable? Peut-il y avoir beauté sans une forma de sensualité? Si la supériorité d’une œuvre sur une autre résulte d’un sentiment d’écart, cet écart s’impose à nous comme une qualité spécifique, c’est à dire déjà une forme de plaisir.

The logo of the Production & Design Conservato...

The logo of the Production & Design Conservatory at OCHSA (Photo credit: Wikipedia)

 

 
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Publié par le 21 octobre 2013 dans Arts Appliqués

 

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