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L’Image

15 Oct

Elle est au cœur des arts plastiques. Il y a quelques années, le rôle central était détenu par le corps et le concept. Il faut réfléchir à cette évolution: numérique, photos, graphismes actuels.

On ne peux pas définir l’image uniquement par un cadre physique, elle intègre l’histoire de l’art depuis l’origine. La connaissance de certaines caractéristiques est indispensable à la production sans laquelle elle n’aurait aujourd’hui aucun sens.

Cette question, la plus vaste de l’histoire de l’art, trouve son origine dans le culte des morts, ou son apparition est celle du défunt, de son esprit. Dans les civilisations animistes, elle précède l’image divine, véhiculée par les passeurs qui la conduisent vers l’au-delà. C’est l’eîdolon grec que l’on peut traduire par fantasme, fantaisie, imagination, intention et chez les latins par figure, forme, fantôme, effigie, simulacre. Les chrétiens ont récupéré cette sémantique de l’image comme présence générale de Dieu.

L’image de quelque chose, c’est sa représentation, pas seulement dans le domaine artistique: une image mentale ou littéraire permet de faire percevoir les contours virtuels d’un objet. Un image de quelque chose peut adopter une forme tridimensionnelle. Néanmoins ces déclinaisons intègrent des dimensions qui excluent toute représentation qui ne soit pas sur les deux dimensions d’un support.

Les premiers phénomènes imagés se repèrent dès l’age pariétal, traces directes par transposition, placage ou pochoir: les premières œuvres d’art sont des images. Leur forme a évoluée au grès des inventions techniques et évolutions sociétales. Ces aspects sont souvent étroitement lies. L’image a donc longtemps été associée a ce qu’elle véhicule de sacre, voire de tabou, autorisant la représentation de l’intouchable quand la religion inventait des objets servant de véhicule à l’ido latrie (reliques). L’image était « icône ».

L’iconographie frappe toujours certaines croyances, certaines religions, interdisant la reproduction d’une idée sacrée. Cette particularité vient de la confusion entre elle et ce qu’elle représente (image = mimesis), qui dépend de son caractère descriptif. Le malentendu apparait souvent dans les médias ou on la représente souvent comme le réel, sans imposer de distance critique, ce qui confine au mensonge. Donc si l’image représente le sacré, elle peut devenir sacrée par concomitance, d’où l’iconographie et l’iconoclasme. D’où la symbolique attachée à l’art comme vanité. Ceci nous renvoi à l’apparence fictive (fiction), comparative, conceptuelle, vraisemblable, representative, véridique de l’image.

Dès le 17ème, les artistes du Nord (flamands) ont produit des images triviales. Natures mortes, décors bourgeois, vues urbaines, scènes de genre. Ils ont ouvert l’image à la représentation de la réalité. Le pro trait s’attache alors à d’autres marques que celles du rang social et de l’évocation bibliques, traduisant l’apparition du statut glorifié de l’individu.

trompe l'oeil painting

trompe l’oeil painting (Photo credit: Wikipedia)

Précurseurs du 19ème, les caravagesques ont transformé le statut de l’image. La nature morte et le trompe l’œil ont succombé au délice de l’illusion et au plaisir de la duplicité. L’image se détache difficilement du réel et l’homme aime ça. Il faut attendre le 21ème pour que l’image cesse de amarrer au rel. Kandinsky théorise un art désireux de représente l’intériorité, suivi de près par le surréalisme. L’image devient abstraite, intime, elle se rapproche de l’image mentale. Cette nouveauté se pare d’atours de la rupture alors que les artistes romans s’étayent déjà attaches à produire des enluminures non figuratives (Livre de Kells, entrelacs, …)

Les images mentales sont des représentations qui définissent l’imaginaire. Outre la vue, elles peuvent toucher tous les sens mais se résument souvent a l’aspect visuel. C’est une construction virtuelle qui traduit psychiquement nos perceptions. Les images perçues par notre œil sont transformées en image mentales, apparentées au symbole. L’image mentale permet de palier au déficit d’image physique, de combler un manque. Elle traduit une nécessité. Les peintures abstraites sont des images, idée inimaginable au 19ème. La réflexion sur le statut des objets artistiques contrait à réfléchir à ce qu’ils sont aujourd’hui.

Le contour de la notion d’image s’est élargi sous l’effet de nouveaux médiums, la photo et surtout le cinéma. Depuis 1839, l’image n’est plus nécessairement artistique. Mais l’inverse est vrai: dans le déluge d’images, l’artiste est marginal.

Aujourd’hui, toutes sortes d’images cohabitent: sacrées, triviales, banales, multiples, uniques, etc. Devant ce débordement, le professeur doit opérer un choix et guider les élèves vers la maitrise de la distance critique nécessaire a la liberté d’un futur citoyen. l’élève doit savoir discerner les images qui documentent, celles qui vendent, celles qui manipulent, celles qui appartiennent a la sphère privée et celles qui relèvent du champ artistique. La dernière catégorie semble délicate à définir mais il est nécessaire pour un enseignant de savoir le faire.

Pourtant les images que l’on va produire pour l’épreuve doivent permettre au jury de nous sentir capable de cette nuance et pouvoir la partager.

Elle magazine 2011

Elle magazine 2011 (Photo credit: _caas)

L’image reste attachée aux arts visuels. C’est par la vue qu’on appréhende une image. On peut dégager deux catégories de support: les images produites dans un but commercial et les autres. Mais cela ne suffit pas à repérer celles produites dans un but artistique car la gratuité d’un geste créatif n’est pas suffisant. Certains produisent des images dans un but commercial et sont pourtant considérés comme des artistes. Mais l’objectif d’une image s’exclut du champ artistique si elle est imaginées a des fins commerciales uniquement. Ces caractéristiques marketing sont éloignés des idéaux arts plastiques.

En imprimerie l’image se distingue du texte. Elle peut être illustration ou figure. Le texte peut parfois être considéré comme image. Dans un livre l’image peut être soit support du texte ou l’inverse. Elle a rarement vocation artistique, plutôt support didactique ou pédagogique. Dans les livres d’artistes, son statut est différent: le livre entier peut faire image, l’ensemble ne peut être dissocié.

 

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