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Memento Estampe

08 Oct

L’estampe est un terme générique qui regroupe xylographie, burin, pointe sèche, eau-forte, aquatinte, lithographie, sérigraphie… Ces techniques de reproduction ont des rapports étroits qui se sont liés avec les styles mais surtout entre oeuvre et spectateur.

 

 

English: Albrecht Dürer: The Painter Lucas van...

English: Albrecht Dürer: The Painter Lucas van Leyden Français : Albrecht Dürer: Portrait de Lucas van Leyden en 1521. Dessin a été utilisé en 1572 comme un modèle pour le portrait gravé de Lucas de Leyde in Pictorum aliquot celebrium Germaniae inferioris effigies dessin à la pointe d’argent sur papier, 244 x 171 mm. (Photo credit: Wikipedia)

 

La xylographie c’est la gravure sur bois et le plus ancien procédé d’impression ; elle utilise pour matrice une tablette de bois dur (poirier, cerisier, buis) taillée en relief. Son développement se fait surtout depuis l’Allemagne, à partir de la fin XIVème (beaucoup d’illustrations de livres). Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse de Dürer font partie d’une série de vingt-cinq xylographies réalisées entre 1495 et 1500. Ces estampes sont de grand format (394 X 281 mm) ; elles ont été gravées par l’artiste lui-même. Difficile de moduler les valeurs dans une gravure sur bois (on définit surtout les blancs et les noirs ; on rend alors les gris avec des traits plus ou moins fins et plus ou moins rapprochés).

 

 

 

Martin Schongauer, Ecce Homo, Engraving 15. th...

Martin Schongauer, Ecce Homo, Engraving 15. th century (Photo credit: Wikipedia)

 

Le burin est un instrument tranchant lié à l’origine au travail de l’orfèvrerie. Utilisé sur une plaque (un ou deux millimètres) de métal (principalement de cuivre), il permet de réaliser des gravures en creux, dites en taille-douce. Sa diffusion se fait aussi, principalement, à partir de l’Allemagne, dans les années 1430. Martin Schongauer est un maître de la technique, tout comme Dürer, Lucas de Leyde, Mantegna, Pollaiolo (les Ecoles du nord de l’Italie). Le burin est constitué d’une tige d’acier à manche de bois, dont l’extrémité est taillée en biseau : c’est avec cette pointe, dite « bec », que l’on grave le métal. L’artiste grave directement la surface : les sillons creusés sont remplis par l’encre et correspondront aux traits du dessin et aux zones noires sur le papier.

 

Battle of Zama, 202 B.C. Painted by Cornelis C...

Battle of Zama, 202 B.C. Painted by Cornelis Cort, 1567. Русский: Картина Корнелиса Корта Битва при Заме 202 до н. э. (1567) (Photo credit: Wikipedia)

 

Intéressant dans le cadre de notre question sur la reproductibilité : les limites et difficultés liées à la technique du burin vont être en grande partie surmontées par les innovations de Cornelis Cort, un graveur hollandais. Il va mettre au point des burins plus grands, qui produisent sur le cuivre des tailles d’une largeur très variable, à la fois plus profondes et plus longues, très différentes des traits fins et uniformes précédents. Il sera dès lors possible d’enrichir considérablement la gamme des valeurs et des dégradés ainsi que les effets de clair-obscur. A partir de 1565, Cort travaille à Venise sous la protection de Titien et obtient de celui-ci le droit de reproduire ses tableaux en gravure.

 

L’eau-forte est vraiment une autre manière d’intervenir sur la plaque ; il s’agit encore d’une technique de gravure en creux (taille-douce) de la matrice mais cette fois par l’usage de substances corrosives qui attaquent et creusent la plaque. La plaque de cuivre est recouverte d’une fine couche d’un vernis résistant aux acides et composé de bitume et de mastic. On trace les lignes du dessin avec une pointe de métal, qui entaille le vernis et met le cuivre à nu. Puis la plaque est immergée dans un « mordant » liquide, un bain comptant en principe une part d’acide nitrique pour quatre parts d’eau : le liquide pénètre dans les creux et corrode le métal sur le tracé du dessin. Ensuite, on enlève la totalité du vernis et l’on procède à l’encrage et à la presse. L’eau-forte est une technique aux vastes possibilités formelles et expressives : l’artiste grave le vernis et non le métal ; la ligne est ainsi beaucoup plus libre et plus souple. La diffusion de l’eau-forte connaît un grand succès à partir de la seconde moitié du XVème siècle.
Avec cette technique, on obtient des détails extrêmement fins ; au XVIIIème, on l’utilisera, entre autres, pour représenter des vues de « grandes villes » européennes (voir les estampes de Bernardo Belloto).

 

 

 

Capricho nº 19: Todos caerán de Goya, serie Lo...

Capricho nº 19: Todos caerán de Goya, serie Los Caprichos (Photo credit: Wikipedia)

 

L’aquatinte est une technique un peu plus tardive qui apparaît au XVIIIème siècle, utilisée notamment par Goya (voir la série de 80 gravures Los Caprichos (Les Caprices – 1797 – 1799) ou Tiepolo. L’aquatinte est dérivée de l’eau-forte ; elle produit des effets proches du lavis ou de l’aquarelle. Dans l’estampe à l’aquatinte, l’image est constituée de zones plus ou moins nettes, de divers tons de gris. Pour la réaliser, le graveur doit procéder d’abord au grenage de la plaque ; l’effet résulte de l’action de l’acide. On saupoudre d’abord la plaque de grains de résine ou de bitume, puis on la chauffe ou bien l’arrose d’alcool, ce qui dissout partiellement les grains et les fait adhérer à la matrice. On la soumet ensuite à la morsure d’un acide, lequel n’agit que dans les interstices entre les grains. C’est au cours du grenage que l’on élabore aussi l’image : dans l’aquatinte on doit définir en premier lieu les parties qui resteront blanches en les protégeant avec un vernis résistant à l’acide, puis on réalise les différents tons de gris et jusqu’aux noirs en contrôlant la morsure de l’acide. Au terme de ces opérations, on ôte toutes les substances qui recouvrent la plaque, et l’on peut procéder à l’encrage et à la presse.

 
Grâce à la lithographie, l’artiste peut dessiner directement sur la pierre comme s’il s’agissait d’une feuille de papier. Le procédé va révolutionner le domaine de la reproduction mécanique. C’est en 1796, à Munich, qu’Aloys Senefelder invente la technique qui va se diffuser dans l’Europe entière. Celle-ci consiste à utiliser pour matrice une plaque de pierre calcaire sur laquelle on trace le dessin au moyen de crayons lithographiques ou de pastels gras ou bien directement avec un pinceau trempé dans de l’encre typographique. Les substances grasses avec lesquelles on exécute le dessin adhèrent à la pierre poreuse et elles repoussent l’eau avec laquelle, avant l’impression, on humidifie la surface pour empêcher que l’encre s’attache aux parties non dessinées. On applique ensuite une couche de gomme arabique mêlée à de l’acide nitrique dilué dans de l’eau, ce mordant rendant la pierre plus poreuse. La matrice est prête : la plaque est soigneusement passée à l’eau, puis encrée – l’encre typographique, grasse et donc hydrofuge, n’adhérant qu’aux parties dessinées -, et elle peut être placée sur la presse lithographique. Enfin, l’utilisation successive de plusieurs plaques lithographiques permet d’imprimer des estampes en couleur : cette technique, appelée chromolithographie, sera mise au point entre 1825 et 1836, à la veille de la date supérieure encadrant notre cours.
Füssli, Goya, Géricault, Delacroix, sont parmi les premiers artistes à pratiquer la lithographie.

 

 

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